(Vous voulez rester en contact avec l’abbé Marc Truyens,
aumônier de l’hôpital de Mangembo…)
         

La vie de l’aumônier


1. Accompagnateur des malades, des familles et du personnel soignant

L'aumônier a un bureau à l'hôpital pour recevoir les malades chaque matin sauf le dimanche. Tous ces malades ont souvent besoin du soutien de la prière puisque, comme vous le savez, les moyens manquent et il n'y a pas de mutuelle de santé pour tous comme en Belgique. Souvent une maladie est synonyme d'une montagne à déplacer alors que la vie est déjà pleine de difficultés. Les malades sont angoissés, surtout avant la nuit, lorsqu'ils se demandant s'ils vont se réveiller. Les présences maléfiques sont souvent invoquées comme source des problèmes, quand les docteurs ne trouvent pas de solutions tout de suite... Dans ce contexte, la prière est un moyen de reprendre confiance en Dieu, en soi et dans les autres.


Bureau de l’aumônier

 
L'aumônier célèbre sa première messe à l'hôpital. C'est la première fois qu'il y a un aumônier. Le curé fait un petit discours de circonstances... La messe aura lieu tous les mercredis.


Dans l'assemblée, le médecin, le personnel infirmier, les élèves de l'institut professionnel d'infirmiers en stage... l'hôpital appartient au diocèse.

2. Coordinateur de la réhabilitation de l’hôpital

L'aumônier n'est pas seulement chargé des malades mais aussi de la réhabilitation de l'hôpital ! Comme m'a dit l'évêque : « il faut faire quelque chose pour cet hôpital ». C'est en effet un hôpital devenu trop vieux : lézardes dans les murs, manque d'eau, installations vétustes, matériel dépassé, ...

Et pourtant, la bonne volonté du personnel est visible. En témoigne une opération où tous les hommes du corps médical ont transporté des dalles en béton (à six porteurs sinon c'est trop lourd) pour les amener jusqu'à la fosse récemment creusée pour les nouvelles installations hygiéniques... Oui, l'huile de bras peu parfois remplacer les indispensables treuils électriques et autres grues qui ont oublié la route du Congo!

L'hôpital de Mangembo appartient au diocèse et est géré par le curé de la paroisse de Mangembo, l'abbé Paul Kitoko. Les frais à engager pour la rénovation des bâtiments sont beaucoup trop élevés par rapport aux ressources infimes de cette paroisse. C'est la raison pour laquelle, j'ai accepté de me lancer dans cette aventure. Pas tout seul, bien sûr. Il s'agit de rencontrer des organismes et de crédibiliser le projet.


Au sein de l'hôpital, il y a beaucoup d'entretien à refaire. Les bâtiments et les cours sont devenues vétustes.


Les lits dans les chambres ressemblent à ceux d'une caserne militaire, il n'y a pas un budget suffisant pour les remplacer…


Ci-dessous, le labo qui a perdu son matériel d'antan.

3. Au sein de la paroisse : Aumônier des jeunes

Un troisième volet de ma mission pastorale, c'est d'être vicaire tout simplement. Et plus particulièrement d'accompagner les mouvements de jeunes... Tiens, tiens ! N'aurais-je pas déjà un peu fait cela quelque part ?

Sur la paroisse, il y a beaucoup d'écoles : deux écoles primaires, un lycée, un collège et une école professionnelle médicale (formation d'infirmiers). Mais curieusement, les mouvements de jeunes n'ont pas pu prendre forme depuis déjà un certain nombre d'années. Il s'agit du groupe KA, du mouvement des « bilenge a mwinda », du mouvement scout et de la légion de Marie–junior. Tous ces mouvements couvrent les âges des écoles primaire et secondaire. Je suis donc leur aumônier. Et cela me touche parce que le Congo a une population très jeune, plus de 50 pour cent de la population ! Comment préparer leur avenir ?

Ici, plus qu'en Belgique, ce sont les jeunes les plus « débrouillards » qui ont peut-être une petite chance de se faire remarquer par un employeur potentiel. Nous en avons un échantillon dans le groupe musical « Echo du Ciel », issu de la paroisse qui se produit déjà dans plusieurs endroits du diocèse et qui est en passe d'enregistrer un cd ! Vraiment, ils ont du talent...

 
Le collège de Mangembo est resté bien entretenu sauf la salle de spectacle que nous ne voyons pas ici.


Le groupe KA

La vie à l’hôpital... de brousse !


Lorsqu'un médecin arrive de Kinshasa pour travailler à Mangembo, il lui faut un temps d'adaptation. Notre médecin me racontait qu'il participait à une formation avec un professeur d'université et d'autres médecins de brousse. Ils ont tous dit au professeur: « vous savez, c'est beau ce que vous dites-là mais nous allons ranger votre syllabus dans notre bibliothèque ! » « Mais qu'est-ce que vous faites, alors ? » Les élèves-médecins donnèrent des exemples d'opérations réalisées dans les hôpitaux de brousse que le professeur suivait avec beaucoup d'intérêt, prenant des notes de temps en temps.

Par exemple, il arrive qu'on opère sous anesthésie totale et non locale, par manque de produits adéquats. Autre exemple : on doit faire une césarienne en 5 minutes avant que le bébé ne soit touché par les effets de l'anesthésie de sa mère, qui risquerait de le faire mourir (dose trop forte pour un bébé). Alors qu'avec une anesthésie locale, le bébé ne serait pas touché et on peut prendre son temps pour faire la césarienne. Il arrive aussi qu'on suture avec du fil à coudre parce qu'on doit opérer d'urgence au moment où il n'y a plus de fil adéquat. « Mais vous êtes sûr que çà va tenir ? » demande un stagiaire de Kin. « On n'a pas le choix, oui, çà tiendra ! »

Le même médecin me disait qu'au début qu'il était en brousse, il se demandait ce qu'il faisait : Si c'était de la médecine où autre chose... Il a remarqué depuis, avec l'expérience, qu'il y a « un dieu pour les pauvres villageois ». C'est-à-dire que certaines opérations faites dans ces conditions ne réussiraient pas si c'était en ville. Mais ici, dans les villages, les gens s'en sortent comme par miracle ! On manque d'appareil de mesure, de courant pour faire une radio, alors les médecin utilisent leurs propres méthodes comme le touché, l'écoute avec un espèce d’entonnoir à la tournesol, etc...

Si quelqu'un veut devenir médecin tropical parmi vous, je l'invite tout de suite chez moi ! Il apprendra beaucoup de choses qui ne sont pas dans les syllabus!


Le délabrement est visible. Le matériel est vétuste. Seul les moustiquaires sont remplacés régulièrement !


Les infirmières accoucheuses dans la salle d'accouchement. Tout y est ! Du moins selon les faibles moyens de l’hôpital...

Comment nous-aider ?


Je participe financièrement

Un compte a été ouvert uniquement pour le financement de la réhabilitation de l’hôpital. Il est en Belgique et peut accueillir vos dons. Infos ici.

Partageons nos idées !

Depuis que je suis au Congo, j’ai vu de nombreuses initiatives prises par les amis belges pour soutenir le développement que je tente d’organiser au Congo. Une institutrice organise chaque année une collecte parmi ses élèves. Je lui envoie des photos par la suite pour qu’elle puisse montrer à sa classe ce qui a été réalisé grâce à leur argent.
Tous les dons sont les bienvenus, petits ou grands ! Car Dieu bénit celui qui partage !
Sur cette planète, nous sommes tous engagés à bâtir « un monde plus beau qu’avant » (hymne national congolais).